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Les Berbères n’ont pas à se réinventer un passé…

Nous entreprenons par une série d’articles qui vont se succéder d’apporter des repères objectifs quant à la connaissance  de la civilisation berbère (amazire). Nous veillerons à inscrire ces repères dans le bassin méditerranéen, espace naturel dans lequel s’inscrivent les Berbères depuis toujours et l’Afrique continent – mère de l’humanité.

Depuis une découverte exceptionnelle faite en 2017 en Afrique du Nord (au Nord du Maroc aujourd’hui), les origines d’homo-sapiens (homme moderne, dont les humains sont les descendants directs) se sont déplacées vers le nord-ouest du continent africain (- 315 000 ans). Auparavant les fossiles les plus anciens trouvés  provenaient d’Afrique du Sud et de l’Est (- 200 000 ans).

Cette découverte génère de nouvelles hypothèses quant à l’apparition d’homo-sapiens et à sa conquête du continent africain et du reste du globe. Ce que nous retenons, c’est que l’Afrique du Nord, est un des foyers anciens de l’humanité. Et en conséquence, la connaissance des Berbères et de leur civilisation est une contribution utile à la compréhension de toutes les civilisations.

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At Zik – Nos Anciens

Belaid Ait-Ali, de son nom d’état civil Izarar Belaid, est un auteur d’expression amazighe. Il est né le 25 novembre 1909 à Bouira; il est mort prématurément à l’âge de 41 ans. Son oeuvre constitue un moment important dans l’histoire de la littérature amazighe de Kabylie. Tout en reprenant des genres et des textes de l’oralité traditionnelle, Belaid Ait-Ali les a retravaillés pour y injecter une tendance à la modernité littéraire. Mohand Akli Salhi (https://www.paris-iea.fr/fr/les-publications/mohand-akli-salhi )

 

At Zik

Tagi, mačči d tamacahutt, mačči d taqṣit : d ayen yeḍran, d yiwen “wawal”. D awal, yenna-t yiwen wemdan mazal-it yedder ar tura. Tura meqqer di leɛmer, yerna yeḥbes deg wexxam; waqila yehlek.

Nekkini s yiman-iw, ur-t-id-ssawḍeɣ ara asmi yella yebded ɣef yiman-is, iteffeɣ, ihedder : imiren meẓẓiyeɣ. Lamaɛna, ḥekkun-d fell-as, qqaren d amusnaw ameqqran. Ladɣa, ad yili d tidett, axaṭer ixuleḍ imdanen aṭas.

Netta, cci, yesɛa d ayen ur nferru : d ixxamen, d tiferkiwin, d idrimen; yerna, ɣur-s setta neɣ d sebɛa warraw-is, (welleh ma ẓriɣ, ulamma yiwet n tmurt-nneɣ). Lḥaṣun, s tmesɛiwt-nni yesɛa, yekcem ger lɛulama, wid yeɣran, imussnawen, almi d ulamek. (D netta, dɣa, la k-qqaren, i s-yennan : asmi ur sɛiɣ ara, d igellil, d amellaẓu, awal-iw ur yesɛi ssuma; tura imi rebḥeɣ, rwiɣ, win yekkren yin’as yessen !).

Lḥaṣun, yiwen wass, ihedder-as i yiwen deg warraw-is, yessefham-it; yenna-yas :

– Mi ara d-yas yiwen ɣur-k a k-iciwer bac ad tdebbreḍ fell-as, daymen mel-as abrid yelhan, d win yebɣun yili, ama tḥemmleḍ-t; ama tekriḍ-t, ama d aɛdaw-ik, ama d aḥbib-ik.

Yenna-yas mmi-s :

– Amek ? Acimi ?

Yenna-yas :

– Daymen mel-as abrid yelhan, axaṭer, ma d aḥbib-ik, tḥemmeleḍ-t, mi s-temliḍ abrid-nni n lɛali, ad ak-yaɣ awal, a t-yetbeɛ, dɣa ad yaf lecɣal ggerrzen. Ma d aɛdaw-ik, diɣen, ula d netta mel-as abrid-nni teẓriḍ ad yerbeḥ deg-s, axaṭer, imi t-tekriḍ, ula d netta yekra-k, yerna yeẓra-k tekriḍ-t : dɣa, ur k-yettamen ara, ur k-yettaɣ ara awal; ur yettamen ara wul-is a s-temleḍ rray iweqmen; dɣa mi k-yeṭṭaxer kan, a s-yini : aɛdaw-agi-inu, d abrid n dir kan i yi-d-yemla ! Rǧu : ad aɣeɣ abrid nniḍen ! Atan yuɣ abrid n dir…Daɣnetta, atan, trebḥeḍ-t irkelli : Rebbi, trebḥeḍ ɣur-s ttwab imi temliḍ abrid n lɛali; ma d aɛdaw-ik, tefkiḍ-t i wegrireb !

D ayagi. D wagi i d awal, d wagi i d ttedbir yemmal umussnaw-agi i mmi-s. Tura, dacu ara tiniḍ, ay amdan ? Dacu n tmussni, dacu n lmeɛna ar d-tjebdeḍ, ay amdan, di lɛqel am wagi ? Nekk, lḥaṣun, ur ufiɣ ara iniɣ.

 
Tasuqqelt ar tefransist / traduction en français
Nos anciens
Ceci ne relève ni du conte ni de la légende : c’est du vécu. C’est une réflexion qui fut faite par un brave homme qui vit encore. Il est âgé ; il ne sort plus et il se pourrait qu’il soit malade.
Je ne l’ai pas connu personnellement quand il était dans sa pleine force, qu’il sortait librement et conversait volontiers : j’étais trop jeune alors ; mais, d’après ce qu’on dit, c’était un homme de grande expérience. Ce doit être exact, car il a fréquenté toutes sortes de gens.
Il était extrêmement riche, en maisons, en terres, en argent et il avait eu six ou sept fils, (exactement combien je ne sais pas, bien que nous soyons du même village). Sa richesse lui avait donné entrée dans le monde des lettrés, des gens instruits et de bon conseil, si bien qu’il avait acquis lui-même instruction, éloquence et grande sagesse. (On rapporte de lui cette parole : Quand je n’avais rien, quand je souffrais de la pauvreté et de la faim, mon avis ne valait rien. Maintenant que je suis à l’aise et que tout abonde chez moi, le premier venu me proclame homme d’expérience !).
Bref, un jour qu’il devisait avec l’un de ses fils dont il voulait former l’esprit, il lui dit :

  • Conseille toujours pour son bien celui qui vient te demander avis pour se tirer d’embarras, qui que ce soit, ami ou ennemi, que tu l’aimes ou non…

Son fils demanda :

  • Comment donc ? Et pourquoi ?

Il répondit :

  • Conseille-le pour son bien : si c’est un ami, que tu l’aimes, il tiendra compte de ton avis et tout ira bien pour lui ; si c’est un ennemi, donne-lui le conseil que tu sais être pour son bien : en effet, si tu ne l’aimes pas, il ne t’aime pas non plus et il doit savoir que tu ne l’aimes pas : il se méfiera donc de toi et agira au rebours de tes conseils : il ne lui viendrait pas à l’esprit que tu puisses vouloir son bien. À peine t’aura-t-il quitté qu’il pensera : un homme qui me veut du mal n’a pas pu me mettre sur la bonne route : mais, doucement ! Je vais en prendre une autre ! Le voilà donc engagé du mauvais côté et toi, tu gagnes de deux façons : envers Dieu, tu as le mérite d’avoir bien fait puisque tu as bien conseillé ; quant à ton ennemi, tu l’as mené à sa perte !

Voilà la réflexion dont je parlais. C’est ce conseil que donna ce sage à son fils. Que dire après cela, lecteur ? Quelle instruction, quel profit tirer de cette sagesse ? Pour moi, je ne sais que dire.
 

Poésie, ce qu’il y a d’éternel

Nous devons tous lire l’histoire de la vie de cette femme, devenue vieille, mais courageuse et combative jusqu’à sa fin. Fadhma Ait Mansour, présumée née en 1882, était dépositaire d’une tradition orale kabyle ancienne. Malgré une vie marquée les privations et les drames, elle a eu la conscience d’une mission qui lui était échue,  préserver et transmettre des chants berbères témoins de la force d’une civilisation. En éduquant ses enfants Jean et Taos Amrouche pour qu’ils soient les continuateurs de leur une lignée de clairchantants. Dans l’extrait de l’introduction de « Chants berbères de Kabylie » qui suit, Jean Amrouche témoigne en 1938 des interrogations de la transcription et de la traduction de ce patrimoine immatériel, qu’il a contribué à sauvegarder.
Avec cette œuvre, Jean Amrouche se positionne comme une voix de la résistance culturelle, de la fidélité filiale et de l’inscription dans la modernité.

Chants berbères de Kabylie – 1938 (Paris éditions Charlot) – Extrait de l’introduction
 » Je voudrais maintenant contempler d’un peu loin ces poèmes, me dégager de leur emprise. Une inquiétude soudaine me point. N’aurais-je pas valorisé à l’extrême ces chants ? Dans mon esprit seules les paroles originales, transfigurées  par la musique, les constituent dans leur vérité. Et le public ne pourra juger que mes traductions. Ce que je dis des chants authentiques pourra-t-on le penser de mes transcriptions ? Elles sont nées d’une véritable conversion au Berbère. Avant d’entreprendre ce travail, je me représentais fort mal les difficultés à vaincre et la beauté des chants originaux.
Maintenant que je les connais mieux, si je vois les imperfections de ce que j’ai fait, je ne vois nullement si la poésie anime ou non mes textes français.
S’ils n’ont gardé qu’un lointain reflet de la beauté qu’ils devaient réincarner, qu’on n’accuse que le traducteur, qu’on n’aille pas jusqu’à penser que mon ardeur de néophyte m’a porté à prendre de curieux bibelots de folklore pour des ouvrages parfaits.
Si, au contraire, on trouvait quelque mérite à ces chants kabyles naturalisés français, que l’on se détourne de la pensée que j’aie prêté aux originaux une beauté qu’ils n’ont point, en les habillant à la française. Les sots pensent communément que le commentateur ajoute à la beauté du texte, que l’auteur n’a jamais pensé ce qu’on découvre dans son œuvre.
Or, l’important n’est pas de savoir si l’auteur a songé ou non à telle interprétation, mais de savoir si l’œuvre la contient en germe.
Néanmoins, je ne peux espérer que mes lecteurs soient touchés par ces poèmes aussi profondément que moi. Des lambeaux de mon enfance, des panoramas de rêve, et, si l’on veut aller plus avant, tout un univers intérieur hérité chantent avec eux, au point que certains jours leur puissance de choc sur ma sensibilité est, à la lettre, insupportable. Enfin, la source pure où je les ai puisés ajoute encore à leur prestige l’éclat tremblant d’une voix qui se taira bientôt.
Il fallait transcrire et traduire d’urgence ces chants, non seulement parce que leur survie tient au souffle de ma mère, mais aussi parce que le pays dont ils portent l’âme est frappé à mort. Je sais bien qu’on peut penser que ce qu’il y a d’éternel dans l’esprit d’un peuple se transmet à travers les formes successives de civilisation. Ou du moins, est-il consolant de le croire.
Mais toutes les valeurs d’une civilisation, d’un ordre humain ne résistent pas également. Certains souffles spirituels sont plus fragiles qu’un parfum. Déjà les coutumes de mon pays natal perdent de leur vitalité. Déjà la hiérarchie des valeurs, plus implicite qu’explicite, que suppose toute civilisation et nécessaire à l’éclosion d’un art, s’écroule. Le peuple kabyle avait pu garder ses franchises contre tous ceux qui l’avaient soumis. Il résiste mal à la victoire mécanicienne. Ses traditions meurent peu à peu, et avec elles sa poésie. J’ai voulu contribuer à la sauver.
Mais il faudrait sauver la musique.(…). Je souhaite qu’on entreprenne ce travail tandis qu’il en est temps, tandis qu’un fil de tradition vit encore dans une jeune femme qui, détournée d’abord, comme moi, de la poésie de son pays d’origine, en ayant découvert la beauté s’est mise à l’école de sa mère pour apprendre à chanter dans le ton juste, et pour perpétuer l’art des Clairchantants inconnus dont elle est l’héritière ».

Église Maxula à Radès (Tunisie), Octobre- Novembre 1938.

Lettre à Fadma de Jean Amrouche

Lecture et écoute d’une lettre de Jean El Mouhoub Amrouche à sa mère Fadma Ait Mansour pour lui demander, avec quelle élégance et tendresse et amour, d’écrire ses mémoires (ce qui donnera « Histoire de ma vie ») pour témoigner d’une vie d’épreuves et de combats. Une vie pleine, charnelle, humaine qui est une leçon dont chacun peut s’inspirer.

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Le chacal et la hase – Uccen d tewtult

Cette page bilingue français-berbère est à l’attention particulièrement des familles et des enfants pour faire découvrir, en vrai par le texte, le roman de chacal de Brahim Zellal.

Nous vous souhaitons bonnes lecture et écoute !

Asebter-agi asinutlayan tafransist-tamaziɣt, atan i twaculin d tarwa akken ad issinen – s tidett deg yeḍrisen – tamacahutt n wuccen i d-yeǧǧa Brahim Zellal.

Nbudd-awen taɣuri d timesliwt igerrzen !

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A Ssaɛid U Laɛmara

Craignant que la beauté des chants berbères ne disparaisse avec la voix de sa mère, Jean Amrouche a consigné dans son ouvrage « Chants berbères de Kabylie », ceux qui ont bercé son enfance. Il les a sauvés en kabyle, et la traduction qu’il en a fait en français les a inscrits dans le patrimoine universel. La chorale Tilawalin vous propose une version contemporanéisée, parce que ces chants sont vivants et toujours en évolution avec la langue et les mots de l’époque.
Texte populaire anonyme – Aḍris aɣerfan awarisem –
Extrait du concert en l’église de Rivolet (Villefranche-sur-Saône ) le 12 juin  2021.


 
A Ssaɛid U Laɛmara
1er couplet (mezzo forte)
 A Ssaɛid u Laɛmara                                Ô Saïd ou Lamara
A taɛenqiqt n wezrem                            Au cou mince et effilé
A wi k-yafen d aqeclaw                           Puisses-tu être brindille de paille
I tala a k-id-yagwem                                Pour qu’en puissant l’eau je te trouve
Ger lmaɣreb d lɛica                                Entre le crépuscule et la nuit noire
A k-id-yerr d bunadem                            Je te rendrais ta forme d’Adam
 
2e couplet (piano)
 A Ssaɛid u Laɛmara                                  Ô Saïd ou Lamara
Kečč ay udem n tayri                                 Toi, visage  de l’amour
Allen-ik sant g wul-iw                               Tes yeux tapissent mon cœur
Isem-ik yeǧǧuǧeg am yitri                        Ton nom est fleur d’étoile
Imeslayen-ik zgan yid-i                             Tes paroles vivent en moi
Uɣalen d tament d udi                               Devenues douces comme beurre et miel
 
3e couplet (mezzo)
 A Ssaɛid u Laɛmara                                          Ô Saïd ou Lamara
Ay uzyin iles aẓidan                                          Toi si beau, aux mots si doux
Tefulkiḍ g ubernus n tgecca                            Tu es beau dans  l’habit de soie
Ay alhin n yiglan yeɣman                                 Ô génie des horizons colorés
Riɣ-k ay Amaziɣ imula                                      Je t’aime ô Amaziɣ   du nord
Kečč teǧǧiḍ ul-iw d asninan                             Toi tu as laissé mon cœur endolori.
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tagecca : leḥrir                              alhin : lǧin                            igli/iglan : horizon             riɣ-k :   ḥemmeleɣ-k
tefulkiḍ : tezyeneḍ                         flali : flewlew
 
 
               
 

Le breton, génie d’une langue vigoureuse et expressive

La France a toujours vécu d’une tension entre l’esprit national et le génie des pays qui la composent, entre l’universel et le particulier. Mona Ozouf se souvient l’avoir ressentie au cours d’une enfance bretonne. Dans un territoire exigu et clos, entre école, église et maison, il fallait vivre avec trois lots de croyances disparates. A la maison, tout parlait de l’appartenance à la Bretagne. L’école, elle, professait l’indifférence aux identités locales. Quant à l’église, la foi qu’elle enseignait contredisait celle de l’école comme celle de la maison. 

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Préserver les langues amazighes

Voici une occasion exceptionnelle d’apprendre et de participer à la préservation des langues amazighes. Saisissez l’opportunité gratuite et utile proposée par Massinissa Garaoun doctorant à l’École Pratique des Hautes Études à Paris. Spécialiste de la typologie des contacts linguistiques, il ouvre cette année un cours gratuit intitulé Autodocumentation des langues amazighe avec l’Institut des Langues Rares : l‘ILARA.

Cet Institut est un centre de formation, d’expertise et de ressources portant sur les langues peu décrites, peu enseignées ou peu parlées, parfois en danger d’extinction, ou déjà éteintes, dans toutes les familles linguistiques du monde: https://www.ephe.psl.eu/actualites/l-ephe-psl-annonce-la-creation-de-l-institut-des-langues-rares

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Ssendu, ssendu

Ḥasina d Linda wwint-d taɣect-a « Ssendu » n ucennay Yidir, i wid d tid yebɣan a tt-isinen akken ilaq. Nessaram a tt-tcennum garawen g yexxamen-nwen, i tarwa nwen, i usmekti n unaẓur Yidir i ɣ-yeǧǧan deg useggas 2020 (Sin igiman  sinmraw ). Aḍris-a yettak azal i wamek imezwura d imawlan uɣen tanummi ad ddren, a dd-kksen – seg wayen i d-yekkan seg wakal – ayen ilaqen i tfamilt-nsen akken a ttečč u a ttennerni.

« Yella yiwen yella ulac-it, yella yiwen ulac-it yella ! »

Nbudd awen(t) timesliwt d taɣuri igerrzen.

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